24 septembre 2016

Frithjof Schuon, The Play of Masks (note de lectură)

We live in a world wherein the abuse of intelligence replaces wisdom.

Prerogatives of the Human State
Prerogatives:
- total intelligence: to know the Truth;
- free will: to will the Good;
- sentiment capable of disinterestedness: to love the Beautiful.
The effects of the “Fall” weaken the prerogatives of human nature, but they cannot abolish them without abolishing man himself.
Every man is endowed with “religious instinct”.
The Truth:
- horizontally – the cosmic (phenomenal) order;
- vertically – the metaphisical (principial) order;
The Good:
- practical, secondary, contingent;
- spiritual, essential, absolute.
The Beauty:
- outward;
- sacred art, traditional crafts.


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11 septembre 2016

Simone Weil, La condition ouvrière (note de lectură)

Paris, Gallimard, 1951, Collection Idées

Trois lettres à Mme Albertine Thévenon (1934-1935)
On dégrade l’inexprimable à vouloir l’exprimer.
« Seulement, quand je pense que les grands chefs bolcheviks prétendaient créer une classe ouvrière libre et qu’aucun d’eux – Trotsky sûrement pas, Lénine je ne crois pas non plus – n’avait sans doute mis le pied dans une usine et par suite n’avait la plus faible idée des conditions réelles qui déterminent la servitute ou la liberté pour les ouvriers – la politique m’apparaît comme une sinistre rigolade. » (p. 14)
Elle est « un professeur agrégé » en vadrouille dans la classe ouvrière.
« Il y a deux facteurs, dans cet esclavage : la vitesse et les ordres. La vitesse : pour « y arriver » il faut répéter mouvement après mouvement à une cadence qui, étant plus rapide que la pensée, interdit de laisser cours non seulement à la réflexion, mais même à la rêverie. Il faut, en se mettant devant sa machine, tuer son âme pour 8 heures par jour, sa pensée, ses sentiments, tout. Est-on irrité, triste ou dégoûté, il faut ravaler, refouler tout au fond de soi, irritation, tristesse ou dégoût : ils ralentiraient la  cadence. Et la joie de même. Les ordres : depuis qu'on pointe en entrant jusqu'à ce qu'on pointe en sortant, on peut à chaque moment recevoir n'importe quel ordre. Et toujours il faut se taire et obéir. L'ordre peut être pénible ou dangereux à exécuter, ou même inexécutable ; ou bien deux chefs donner des ordres contradictoires ; ça ne fait rien : se taire et plier. Adresser la parole à un chef – même pour une chose indispensable – c'est toujours, même si c'est un brave type (même les braves types ont des moments d'humeur) s'exposer à se faire rabrouer ; et quand ça arrive, il faut encore se taire. Quant à ses propres accès d'énervement et de mauvaise humeur, il faut les ravaler ; ils ne peuvent se traduire ni en paroles ni en gestes, car les gestes sont à chaque instant déterminés par le travail. Cette situation fait que la pensée se recroqueville, se rétracte, comme la chair se rétracte devant un bistouri. On ne peut pas être « conscient ». (p. 18)


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07 septembre 2016

François Chénique, Eléments de logique classique (note de lectura) - I

Première édition: Dunod-Bordas, 1975. Edition consultée: L’Harmattan, 2006.

Introduction: Faut-il étudier la logique classique?
La logique est simplement l’art de bien penser, de bien juger et de bien raisonner.
Les langages naturels utilisent une certaine logique naturelle. La logique classique est une réflexion systématique de la logique naturelle.
Pendant plus de vingt sièvles, la logique classique a été l’instrument de toute science, la propédeutique de tout savoir.

Première partie. Histoire de la logique classique
La logique classique est rattachée à Aristote, dont le Moyen Age a reçu l’enseignement par l’intermédiaire des commentateurs arabes.
L’Antiquité grecque a produit aussi la logique stoïcienne.
L’Inde classique a construit une logique très originale.


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03 septembre 2016

Anonim, Pelerinul rus. Mărturisirile sincere către duhovnicul său ale unui pelerin rus cu privire la rugăciunea lui Iisus (note de lectură)

Traducere din limba rusă: Arhimandrit Paulin Lecca. Editura Sofia, Bucureşti, 2002.

Povestirea întâi
“Rugaţi-vă neîncetat!” (1 Tesaloniceni 5, 17)
Mintea poate fi “adâncită în Dumnezeu”, fără să se risipească, “rugându-se neîncetat”.
Învaţă să agoniseşti mai întâi rugăciunea, şi vei împlini uşor faptele bune.
“Doamne Iisuse Hristoase, Fiul lui Dumnezeu, miluieşte-mă!”
Este necesar un duhovnic: “fără cercetarea povăţuitorului nu e bine să te îndeletniceşti cu lucrarea lăuntrică şi nicidecum nu poţi spori.” (p. 15)
Întâlnirea cu duhovnicul care îl învaţă să se roage.
Pericolul “lăcomiei duhovniceşti”.
Trei mii de invocaţii, apoi şase mii de invocaţii, mai apoi doisprezece mii. Apoi nenumărate.
Despre rugăciunea inimii, în Filocalia (volumul VIII al ediţiei româneşti).
“De atunci călătoresc săvârşind neîncetat rugăciunea lui Iisus, lucrul cel mai de preţ şi mai mângâietor din tot ce am pe lume. Uneori merg până la şaptezeci de verste pe zi, dar nu simt că merg, ci simt numai rugăciunea. Când mă pătrunde frigul puternic, spun mai cu stăruinţă rugăciunea şi degrabă mă încălzesc. Dacă mă biruie foamea, chem mai des Numele lui Iisus Hristos şi nu mai am nevoie să mănânc. Când mă îmbolnăvesc sau mă dor picioarele sau spatele, iau aminte la rugăciune şi nu mai simt durerea. Dacă mă supără cineva, e destul să-mi aduc aminte de mângâierea rugăciunii lui Iisus, pentru ca jignirea şi supărarea să treacă şi să fie toate uitate.” (p. 21)
Rugăciunea lui Iisus este întovărăşită de o mare veselie.
Moartea duhovnicului.


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01 septembre 2016

Andrei Pleşu, Parabolele lui Iisus. Adevărul ca poveste (note de lectură)

Humanitas, Bucureşti, 2012.

Introducere
Adevărul ca poveste
Faţă de argumentaţia logică, povestea are viaţă.
Povestea e mai uşor de înţeles pentru cei fără deprinderi filosofice, dar mai greu de epuizat.
Filosofia nu este grea, dimpotrivă, viaţa în complexitatea ei dinamică este mult mai dificil de înţeles, în vreme ce gândirea recurge inevitabil la un număr enorm de simplificări.
Povestea este, faţă de argumentul logic, ceea ce este imaginea faţă de concept.
Iisus Hristos are de vorbit despre lucruri inevidente dinaintea unui auditoriu pestriţ, neşcolit, are de oferit ajutor, fără să cadă în reţetă şi abuz doctrinar, şi are de dat nu doar materie de reflecţie, ci şi motivaţie de viaţă, suport existenţial.
Iisus Hristos atacă frontal ispita ideologiei şi reuşeşte să se ţină deoparte de orice “sedentarism” instituţional.


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20 juillet 2016

Neil Postman, The End of Education (note de lectură)

Redefining the Value of School
Vintage Books, A Division of Random House, Inc., New York, 1996.

Education is not the same thing as schooling. In fact, not much of our education takes place in school.
Poverty teaches hopelessness. Politics teaches cynicism. Television teaches consumerism. But not always.
Schooling can be about how to make a life, which is quite different from how to make a living.
Most of the questions about schooling are as if we are a nation of technicians, consumed by our expertise in how something should be done, afraid or incapable of thinking about why.

Part I.
1. The Necessity of Gods
There are two problems to solve in order to conduct the schooling:
a) an engineering problem (the problem of the means – where and when things will be done; how learning is supposed to occur);
b) a metaphysical one (a reason to learn). Not a motivation, but a reason, somwhat abstract, not at all easy to describe. “For school to make sense, the young, their parents, and their teachers must have a god to serve, or, even better, several gods. If they have none, school is pointless.” (p. 5)
There is no surer way to bring an end to schooling than for it to have no end.
The author uses the word narrative as a synonym for god, with a small g.
We need a narrative that tells of origins and envisions a future, a story that construct ideals, prescribes rules of conduct, provides a source of authority, and gives a sense of continuity and purpose.
Our genious as humans lies in our capacity to make meaning through the creation of narratives that give point to our labour, exalt our history, elucidate the present, and give direction to our future.
We can call these narratives: myth, illusions, ideology.
“Without a narrative, life has no meaning. Without meaning, learning has no purpose. Without a purpose, schools are houses of detention, not attention.” (p. 6)
The most comprehensive narratives: the Old Testament, the New Testament, the Koran, the Bhagavad-Gita.


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10 juillet 2016

Henri Roorda, Le pédagogue n’aime pas les enfants (note de lectura)



Edité par le Bourlapapey, bibliothèque numérique romande, www.ebooks-bnr.com

... ils n’en meurent pas
La réalité est que la vie peut continuer dans des conditions très défavorables. Le problème avec une école très peu satisfaisante est qu’aucun élève n’en meurt. “Il faut le reconnaître, quelles qu’aient été les fautes commises par nos éducateurs, nous n’en sommes pas morts. Nous sommes encore là. On nous compte lorsqu’on fait le recensement annuel de la population. Et, ça, c’est énorme!” (p. 3)
L’Ecole décharge les parents, cinq, six ou sept heures par jour, du soin de surveiller leur progéniture.
Les écoles jouissent de l’adhésion muette et distraite de nombreux citoyens.
L’Ecole forme le jugement de ceux qui pourraient plus tard la juger.
Thèse de l’ouvrage: “Je me propose de montrer que les écoles d’aujourd’hui sont mauvaises, et qu’on pourra les améliorer beaucoup dès qu’on le voudra réellement.” (p. 5)
Dans quelle direction devrait agir le pédagogue, quant à l’action sur la mentalité humaine?
Chez ceux qui portent le nom d’éducateur, un certain idéalisme est de rigueur: ils doivent croire en un Mieux réalisable, en un perfectionnement possible de l’être humain.


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12 juin 2016

Oscar Freire, Antinomias del Lenguaje moderno

El término "antinomia" del griego antinomía (contra la ley), mas allá de su relativa legitimidad tardía del sentido de contradicción entre dos hipótesis o principios, se remonta originalmente al conflicto introducido en la palabra que se aplica a los objetos para denotar sus esencias o cualidades reales. Dicho conflicto, evidentemente, ha derivado, dentro del proceso cultural occidental en las diversas antilogías que siempre subyacen en todo carácter de anomalía o nominalismo que se atribuye a la palabra en el acto de nombrar las cosas.

De dicha circunstancia, en relación a los correspondientes fijativos mentales que se han venido sucediendo, el racionalismo es el que mayor influencia ha obrado, particularmente, al convalidar la contradicción entre dos proposiciones que se reconocen igualmente demostrativas y que se excluyen mutuamente, es decir que, a pesar de ser contradictorias, cada una de ellas puede ser similarmente demostrada de un modo persuasivo y convincente por medio de la razón.

Tales planteamientos de la razón formalista han generado la entronización de diversas teorías como, por ejemplo, el famoso caso de las paradojas kantianas en donde el enunciados de sus cuatro tesis con sus correspondientes antítesis desembocan en la dubitación o duda racional y por ende en los consabidos aporemas, cuyos falsos apriorismos, en un carácter metódico de aproximaciones sucesivas, se hallan casi totalmente alejados de toda exposición con probabilidades metafísicas o de una demostración de pluralidad de sentidos, tal como ello se entiende de los cánones inherentes a las doctrinas y a las ciencias tradicionales.


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10 juin 2016

Obispo San Ignacio Brianchanivov, De la Oración y del Combate Espiritual

Los frutos de la oración incesante.

Es por la oración que el asceta alcanza una pobreza espiritual auténtica. Aprendiendo a pedir sin cesar la ayuda de Dios, pierde poco a poco su confianza en si mismo. Si hace algo con éxito, no ve allí su propio logro, sino que lo atribuye a la misericordia divina que implora sin cesar. La oración incesante lleva a la adquisición de la fe, pues aquél que ora continuamente comienza gradualmente a sentir la presencia de Dios. Ese sentimiento se desarrolla poco a poco, de tal modo que el ojo espiritual llega a reconocer a Dios en su Providencia mejor de lo que el ojo natural ve los objetos materiales; y entonces el corazón conoce la presencia de Dios por una experiencia inmediata. Aquél que ha visto a Dios por una experiencia inmediata. Aquel que ha visto a Dios de esta manera y ha sentido así su presencia, no puede dejar de creer en él con una fe viviente que se manifestará en sus actos.

La oración incesante vence al mal mediante la esperanza en Dios; conduce al hombre a una santa simplicidad, separando su intelecto del hábito de dispersarse en pensamientos distintos y hacer planes sobre si mismo y sobre su prójimo, y manteniéndolo siempre en una pobreza y una humildad de pensamientos. Es en esto que consiste la formación del hombre de oración. Aquel que ora sin cesar pierde gradualmente el hábito de dejar vagar sus pensamientos, de estar distraído, de estar colmado de vanas preocupaciones, y cuanto más profundamente se arraiga en el alma ese impulso hacia la santidad y hacia la humildad, más se pierden los hábitos precedentes. Finalmente, llega ser como un niño, tal como lo recomienda Cristo en el Evangelio; llega a ser loco por amor de Cristo, es decir, pierde la falsa sabiduría del mundo y recibe de Dios una inteligencia espiritual.


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Francisco García Bazán, La presencia de René Guénon en Mircea Eliade y Carl Schmitt (fragment)

Al final de mi libro en colaboración René Guénon y la tradición viviente (1985), apuntaba algunos rasgos sobre la influencia de René Guénon en una diversidad de estudiosos contemporáneos. Alli escribí:

«El mundo de habla española, por su parte, se abre velozmente en los últimos decenios a la gravitación guenoniana. Hemos de reconocer que la Argentina, en este sentido, no sólo ha jugado un papel preponderante, sino que incluso fue oportunamente una verdadera precursora de este florecimiento del pensamiento de Guénon [en la geografía hispana].

Ya en 1945 se publicó en Buenos Aires la Introducción general al estudio de las doctrinas hindúes y la crítica periodística porteña recibió favorablemente la novedad de [la presencia] de un credo de inspiración tradicionalista [en la cultura francesa]. A esta traducción siguieron en años sucesivos: El teosofismo (1954), con varias ediciones, La crisis del mundo moderno (1967), Símbolos fundamentales de la ciencia sagrada (1969 y El esoterismo de Dante (1976). Mucho más reciente, [por el contrario], es el interés de los españoles por nuestro autor. Pero aunque la traducción de la primera de las obras citadas es de la década del 40, la evidencia de una lectura y conocimiento del autor francés ya se reflejó con anterioridad en individuos y grupos de intelectuales argentinos.


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10 mars 2016

G.K. Chesterton, Eretici (Note de lectură)

Introducere
Primul capitol. Remarci preliminare asupra importanţei ortodoxiei

Faptul că și-au schimbat sensul conceptele de erezie și ortodoxie arată oamenii nu se mai neliniștesc să afle dacă filosofic vorbind se află de partea adevărului sau nu.

“Teoriile generale sunt peste tot dispreţuite; doctrina Drepturilor Omului este repudiată, la fel și cea a Căderii Omului. Ateismul însuși este prea teologic pentru noi; revoluţia seamănă cu un sistem și libertatea cu o constrângere. Nu vrem generalizări. [...] Totul contează, mai puţin Totul.”

Niciodată discuţiile despre natura omului n-au fost mai rare decât azi, și nimeni nu ne mai împiedică să le avem.

A fi creștin fervent a devenit ceva de prost gust.

Ideile generale dominau literatura, au fost alungata în numele sloganului « artă pentru artă ». Ideile generale dominau politica, au fost alungate în numele eficacităţii.


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17 février 2016

Samir Hariche, S'asseoir par terre

Nous ne voulons par cet article que brosser certains aspects de la tradition, et surtout la façon dont des choses extrêmement simples et apparemment anodines ont une retombée relativement importante sur l'ensemble de la vie des hommes. Nous prendrons pour exemple le fait de s'asseoir par terre, ce qui est une chose universelle et commune à toutes les traditions partout dans le monde. Seuls les modernes s'assoient systématiquement sur des chaises. Cette habitude s'est répandue à partir du Moyen Age chrétien, mais on peut en trouver des éléments plus ou moins développés à partir de l'Antiquité latine. Le phénomène n'a donc fait que s'accroître au fil des siècles, au fur et à mesure que l'éloignement par rapport à la tradition augmentait. Certains ont vu très clairement, et avec raison, que la Chrétienté médiévale avait joué un peu un rôle de digue pour refréner, contenir et maîtriser les tendances modernisantes et anti-traditionnelles qui commençaient à se développer et à s'étendre de façon préoccupante à partir de l'Antiquité gréco-latine, et qui ont fini par avoir raison, en grande partie, de l'esprit traditionnel à partir du XIV° siècle. Pour l'Occident, le Christianisme n'a été qu'une miséricorde venant de Dieu.


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18 janvier 2016

Nicolaus Cusanus, Pacea între religii. Despre Dumnezeul ascuns (note de lectură)

Traducere din latină de Wilhelm Tauwinkl. Prefaţă de Anca Manolescu. Humanitas, București, 2008.

Prefaţă. Misiunea elitei în Europa lui Nicolaus Cusanus

Căderea Constantinopolului a fost marele eveniment simbolic care a pus creștinătatea apuseană în faţa diversităţii religioase ofensive.

Conștiinţa Europei creștine se construiește prin opoziţie cu străinul religios și cultural. Presiunea musulmană asupra continentului a fost « moașa violentă » (Franco Cardini) a Europei.


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12 janvier 2016

C. S. Lewis, Ferigi şi elefanţi şi alte eseuri despre creştinism (note de lectură)

Humanitas, 2011. Traducere din engleză şi note de Emanuel Conţac.

Mădulare unii altora

Religia solitară nu e de găsit în Noul Testament.

“În epoca în care trăim, ideea că religia aparţine vieţii noastre private – că este, de fapt, o ocupaţie din timpul liber al individului – este paradoxală, periculoasă şi naturală totodată.”  (p. 15)

Paradoxală – pentru că exaltarea individului în domeniul religios apare într-o epocă a colectivismelor din toate domeniile.


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27 janvier 2014

Place de la tradition atlantéenne dans le Manvantara

Voir René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques (texte intégral)

Nous avons précédemment, sous le titre Atlantide et Hyperborée, signalé la confusion qui est faite trop fréquemment entre la Tradition primordiale, originellement « polaire » au sens littéral du mot, et dont le point de départ est celui même du présent Manvantara, et la tradition dérivée et secondaire que fut la tradition atlantéenne, se rapportant à une période beaucoup plus restreinte. Nous avons dit alors, et ailleurs aussi diverses reprises,(1) que cette confusion pouvait s’expliquer, dans une certaine mesure, par le fait que les centres spirituels subordonnés étaient constitués à l’image du Centre suprême, et que les mêmes dénominations leur avaient été appliquées. C’est ainsi que la Tula atlante, dont le nom s’est conservé dans
l’Amérique centrale où il fut apporté par les Toltèques, dut être le siège d’un pouvoir spirituel qui était comme une émanation de celui de la Tula hyperboréenne ; et, comme ce nom de Tula désigne la Balance, sa double application est en rapport étroit avec le transfert de cette même désignation de la constellation polaire de la Grande Ourse au signe zodiacal qui, actuellement encore, porte ce nom de la Balance.


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II. Atlantide et Hyperborée

Voir René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques (texte intégral)

Dans Atlantis (juin 1929), M. Paul Le Cour relève la note de notre article de mai dernier, (1) dans laquelle nous affirmions la distinction de l’Hyperborée et de l’Atlantide, contre ceux qui veulent les confondre et qui parlent d’ « Atlantide hyperboréenne ». A vrai dire, bien que cette expression semble en effet appartenir en propre à M. Le Cour, nous ne pensions pas uniquement à lui en écrivant cette note, car il n’est pas seul à commettre la confusion dont il s’agit ; on la trouve également chez M. Herman Wirth, auteur d’un important ouvrage sur les origines de l’humanité (Der Aufgang der Menschheit) paru récemment en Allemagne, et qui emploie constamment le terme « nord-atlantique » pour désigner la région qui fut le point de départ de la tradition primordiale. Par contre, M. Le Cour est bien le seul, à notre connaissance tout au moins, qui nous ait prêté à nous-même l’affirmation de l’existence d’une « Atlantide hyperboréenne » ; si nous ne l’avions point nommé à ce propos, c’est que les questions de personnes comptent fort peu pour nous, et que la seule chose qui nous importait était de mettre nos lecteurs en garde contre une fausse interprétation, d’où qu’elle pût venir. Nous nous demandons comment M. Le Cour nous a lu ; nous nous le demandons même plus
que jamais, car voilà maintenant qu’il nous fait dire que le pôle Nord, à l’époque des origines, « n’était point celui d’aujourd’hui, mais une région voisine, semble-t-il, de l’Islande et du Groenland » ; où a-t-il bien pu trouver cela ? Nous sommes absolument certain de n’avoir jamais écrit un seul mot là-dessus, de n’avoir jamais fait la moindre allusion à cette question, d’ailleurs secondaire à notre point de vue, d’un déplacement possible du pôle depuis le début du notre Manvantara, (2) à plus forte raison n’avons-nous jamais précisé sa situation originelle qui d’ailleurs serait peut-être, pour bien des motifs divers, assez difficile à définir par rapport aux terres actuelles. M. Le Cour dit encore que, « malgré notre hindouisme, nous convenons que l’origine des traditions est occidentale » ; nous n’en convenons nullement, bien au contraire, car nous disons qu’elle est polaire, et le pôle, que nous sachions, n’est pas plus occidental qu’oriental ; nous persistons à penser que, comme nous le disions dans la note visée, le Nord et l’Ouest sont deux point cardinaux différents.


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26 janvier 2014

Gaston Georgel : Les Rythmes dans l’Histoire. (fragment)

Voir René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques (texte intégral)

Nous avons rendu compte de ce livre lorsque parut sa première édition (numéro d’octobre 1937) ; à cette époque, l’auteur, comme il l’indique du reste dans l’avant-propos de la nouvelle édition, ne connaissait presque rien des données traditionnelles sur les cycles, si bien que c’est en somme par une heureuse rencontre qu’il était arrivé à en retrouver quelques-unes en partant d’un point de vue tout « empirique », et notamment à soupçonner l’importance de la précession des équinoxes. Les quelques remarques que nous fîmes alors eurent pour conséquence de l’orienter vers des études plus approfondies, ce dont nous ne pouvons certes que nous féliciter, et nous devons lui exprimer nos remerciements de ce qu’il veut bien dire à
ce sujet en ce qui nous concerne. Il a donc modifié et complété son ouvrage sur de nombreux points, ajoutant quelques chapitres ou paragraphes nouveaux, dont un sur l’historique de la question des cycles, corrigeant diverses inexactitudes, et supprimant les considérations douteuses qu’il avait tout d’abord acceptées sur la foi d’écrivains occultistes, faute de pouvoir les comparer avec des données plus authentiques.


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Gaston Georgel : Les Rythmes dans l’Histoire (fragment)

Voir René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques (texte intégral)

Ce livre constitue un essai d’application des cycles cosmiques à l’histoire des peuples, aux phases de croissance et de décadence des civilisations ; il est vraiment dommage que l’auteur, pour entreprendre un tel travail, n’ait pas eu à sa disposition des données traditionnelles plus complètes, et que même il n’en ait connu quelques-unes qu’à travers des intermédiaires plus ou moins douteux et qui y ont mêlé leurs propres imaginations. Il a cependant bien vu que ce qu’il y a d’essentiel à considérer, c’est la période de la précession des équinoxes et ses divisions, encore qu’il y adjoigne quelques complications qui semblent assez peu utiles au fond ; mais la terminologie adoptée pour désigner certaines périodes secondaires trahit bien des méprises et des confusions. Ainsi, le douzième de la précession ne peut certainement pas être appelé « année cosmique » ; ce nom conviendrait beaucoup mieux, soit à la période entière, soit plutôt encore à sa moitié qui est précisément la « grande année » des Anciens.


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Mircea Eliade : Le Mythe de l’éternel retour. Archétypes et répétition (fragment)

Voir René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques (texte intégral)

Le titre de ce petit volume, qui d’ailleurs ne répond pas exactement à son contenu, ne nous paraît pas très heureux, car il fait inévitablement penser aux conceptions modernes auxquelles s’applique habituellement ce nom d’ « éternel retour », et qui, outre la confusion de l’éternité avec la durée indéfinie, impliquent l’existence d’une répétition impossible, et nettement contraire à la véritable notion traditionnelle des cycles, suivant laquelle il y a seulement correspondance et non pas identité ; il y a là en somme, dans l’ordre macrocosmique, une différence comparable à celle qui existe, dans l’ordre microcosmique, entre l’idée de la réincarnation et celle du passage de l’être à travers les états multiples de la manifestation. En fait, ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans le livre de M. Eliade et ce qu’il entend par « répétition » n’est pas autre chose que la reproduction ou plutôt l’imitation rituelle de « ce qui fut fait au commencement ». Dans une civilisation intégralement traditionnelle, tout procède d’ « archétypes célestes » : Ainsi, les villes, les temples et les demeures sont toujours édifiés suivant un modèle cosmique ; une autre question connexe, et que même, au fond, diffère beaucoup moins de celle-là que l’auteur ne semble le penser, est celle de l’identification symbolique avec le « Centre ». Ce sont là des choses dont nous avons eu nous-même à parler bien souvent ; M. Eliade a réuni de nombreux exemples se référant aux traditions les plus diverses, ce qui montre bien l’universalité et pourrions-nous le dire, la « normalité » de ces conceptions. Il passe ensuite à l’étude des rites proprement dits, toujours au même point de vue ; mais il est un point sur lequel nous devons faire une sérieuse réserve : il parle d’ « archétypes des activités profanes », alors que précisément, tant qu’une civilisation garde un caractère intégralement traditionnel, il n’y a pas d’activités profanes : nous croyons comprendre que ce qu’il désigne ainsi, c’est ce qui devenu profane par suite d’une certaine dégénérescence, ce qui est bien différent, car alors, et par là même, il ne peut plus être question d’ « archétypes », le profane n’étant tel que parce que n’est plus relié à aucun  principe transcendant d’ailleurs, il n’y a certainement rien de profane dans les exemples qu’il donne (danses rituelles, sacre d’un roi, médecine traditionnelle).


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I. Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques

Voir René Guénon, Formes traditionnelles et cycles cosmiques (texte intégral)

On nous a parfois demandé, (1) à propos des allusions que nous avons été amené à faire çà et là à la doctrine hindoue des cycles cosmiques et à ses équivalents qui se rencontrent dans d’autres traditions, si nous ne pourrions en donner, sinon un exposé complet, tout au moins une vue d’ensemble suffisante pour en dégager les grandes lignes. A la vérité, il nous semble que c’est là une tâche à peu près impossible, non seulement parce que la question est fort complexe en elle-même, mais surtout à cause de l’extrême difficulté qu’il y a à exprimer ces choses en une langue européenne et de façon à les rendre intelligibles à la mentalité
occidentale actuelle, qui n’a nullement l’habitude de ce genre de considérations. Tout ce qu’il est réellement possible de faire, à notre avis, c’est de chercher à éclaircir quelques points par des remarques telles que celles qui vont suivre, et qui ne peuvent en somme avoir aucune prétention que d’apporter de simples suggestions sur le sens de la doctrine dont il s’agit, bien plutôt que d’expliquer celle-ci véritablement. Nous devons considérer un cycle, dans l’acception la plus générale de ce terme, comme représentant le processus de développement d’un état quelconque de manifestation, ou, s’il s’agit de cycles mineurs, de quelqu’une des modalités plus ou moins restreintes et spécialisées de cet état. D’ailleurs, en vertu de la loi de correspondance qui relie toutes choses dans l’Existence universelle, il y a toujours et nécessairement une certaine analogie soit entre les différents cycles de même ordre, soit entre les cycles principaux et leurs divisions secondaires. C’est là ce qui permet d’employer, pour en parler, un seul et même mode d’expression, bien que celui-ci ne doive souvent être entendu que symboliquement, l’essence même de tout symbolisme étant précisément de se fonder sur les correspondances et les analogies qui existent réellement dans la nature des choses. Nous voulons surtout faire allusion ici à la forme « chronologique » sous laquelle se présente la doctrine des cycles : Le Kalpa représentant le développement total d’un monde, c'est-à-dire
d’un état ou degré de l’Existence universelle, il est évident qu’on ne pourra parler littéralement de la durée d’un Kalpa, évaluée suivant une mesure de temps quelconque, que s’il s’agit de celui qui se rapporte à l’état dont le temps est une des conditions déterminantes, et qui constitue proprement notre monde. Partout ailleurs, cette considération de la durée et de la succession qu’elle implique ne pourra plus avoir qu’une valeur symbolique et devra être transposée analogiquement, la succession temporelle n’étant alors qu’une image de l’enchaînement, logique et ontologique à la fois, d’une série « extra-temporelle » de causes et d’effets ; mais, d’autre part, comme le langage humain ne peut exprimer directement d’autres conditions que celles de notre état, un tel symbolisme est par là même justifié et doit être regardé comme parfaitement naturel et normal. Nous n’avons pas l’intention de nous occuper présentement des cycles les plus étendus, tels que les Kalpas ; nous nous bornerons à ceux qui se déroulent à l’intérieur de notre Kalpa, c'est-à-dire aux Manvantaras et à leurs subdivisions. A ce niveau, les cycles ont un caractère à la fois cosmique et historique, car ils concernent plus spécialement l’humanité terrestre, tout en étant en même temps étroitement liés aux évènements qui se produisent dans notre monde en dehors de celle-ci. Il n’y a là rien dont on doive s’étonner, car l’idée de considérer l’histoire humaine comme isolée en quelque sorte de tout le reste est exclusivement moderne et nettement opposée à ce qu’enseignent toutes les traditions, qui affirment au contraire, unanimement une corrélation nécessaire et constante entre les deux ordres cosmiques et humains.


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